الشهيد :   صالحي   محند   و اعمر

Le Chahid : Salhi Mohand Ouamar

النسخة العربية

BATAILLE DU MARTYRE DE SI MOHAND OUAMAR:

Ath houari (izemouren) Haïzer 12/03/1957

(version de Dr k. Aïgoune p: 219)

 

   La débâcle infligée à la France avec dix soldats tués et un officier capturé ne peut que susciter un désir de vengeance.

   C’est étant conscient d’une telle conjoncture que Mohand Ouamer s’applique à livrer son captif vivant au quartier général où son cas sera abordé à la lumière des lois internationales et selon l’humanisme adopté comme règle par la révolution algérienne. C’est donc avec extrême vigilance qu’avec ses compagnons il emprunte, sur l’axe Nord –Ouest, une rivière en guise de chemin et dont l’onde a pour source la montagne de Haïzer et le village d’Izemouren jusqu’à  son  arrivée à Lemrouj, merveilleux site archéologique! Juste avant le début des hostilités, si Mohand Ouamer reçoit d’une source fiable des informations faisant état des grandes préparations de l’armée française en une de ratisser encercler la région. Dénoncés durant tout ce périple où toute fois un voile opaque les dissimule à L’ennemi, la hyène de Tikjda et ses compagnons ont à trancher quant à poursuivre leur chemin ou juste rester sur place. Après concertation ils choisissent la première solution et arrivant da la sorte à Izemouren à 22h la nuit de lundi 11/03/1957  pour se positionner à Ath Houari où leur hôte est la famille Aouali. Le choix d’un tel gîte est stratégique : son éloignement de la route, sa proximité avec la forêt puis l’abondance de l’eau douce le rendent précieux. Cette famille et le village tout entier s’acquittent du devoir d’hospitalité. Le souper pris les maquisards s’apprêtent à dormir et à se reposer tandis que si Mohand Ouamer poste des sentinelles aux alentours du village: Thaghargharth à l’ouest, Thighilt Ben Daoud au sud afin de contrer d’éventuelles intrusions de l’ennemi.

 

      LES DEUX PROTAGONISTES: L’ANP (régiment de Haïzer, Bechloul, M’chedallah) et une légion de l’armée Française.

  1-L’ANP: Le lieutenant si Mohand Ouamer prend les rênes du régiment le plus illustre et le plus actif de la région épaulé par les mousseblines, les gens de culte et autres. Soixante-quinze (75) moudjahidines ayant pris part au combat forment ce glorieux édifice.

        Ces combattants venus d’endroits différents de la région se caractérisent par un moral inébranlable, un physique à toute épreuve ainsi qu’une expérience acquise dans l’art d’organiser des embuscades comme ils ont une vaste connaissance des manœuvres françaises. Beaucoup d’entre eux ont été enrôles de force par l’ennemi ou ont participer à la 2éme guerre mondiale à l’instant des milliers d’algériens. Les éléments de ce régiment sont : responsables du régiment le lieutenant Salhi M.O, Saïd Lafiat, Mohammed Cherif, Mohammed Ouamer, Larbi Mohammed (M’chedallah) Bechlaoui Slimane (El Asnam), Boukheroubi Hamouche dit Dahmane (Bechloul) et autres de M’chedallah mais nous ne pouvons les citer tous. Ajoutons ceux appartenant à Arch de Haizer tels Aigoune Ali (tarzan) Aigoune Mohammed (Antar), Aigoune Md Ouali, Ahmed Md Seghir, Sid Ali Ahmed surnommé "Herrad», Demouche Md, Guerou Saïd, Hadid Saïd, Saït Ali, Kaci Nedjar, Merkala Ahmed, Kerjouj Hamadache, Lahouari Belkacem, Belghanem Ahmed, …………..etc.

Ce régiment est d’une auguste renommée et à son actif un avion militaire abattu  à Haïzer en 1955.

2- La légion Française : cette zone de la wilaya III au relief varié, généreuse en forêts, montagnes et sources lui octroyant un avantage certain a été le théâtre d’une multitude de rendez-vous pour les responsables de L’ANP surtout celui de 26/01/1956 ayant réuni à quelques encablures d’El Houari Krim Belkacem, Amar Ouemrane, Dehiles Slimane, Amirouche,....

 

     La France n’a pas été insensible aux particularités de cette région, raison pour laquelle elle y fait venir toute une légion de son armée, entraînée dans le rif Marocain après son indépendance en 1956. L’occupant établit plusieurs casernes dont les plus importantes sont celles de M’chedallah, Tikjda à l’est en plus de celle de Taguemount lui facilitant la surveillance de toute cette région. Il y a aussi la garnison de Fardina à l’est de Bouira dirigé par le commandant Bernard (responsable de la légion 22 des paras).    Des camps ont été érigés dans le but de contrôler le mouvement de la population comme ceux de Irourath, Thaghzouth, Marsla, Ansman, Kamla, Guentour, Aïn Alouane, Thighilt Metelkit, Ath Aïssi, Sidi Salah, Ath Yala ou Bechloul.

     Cette armada de guerriers est renforcée par des colons se trouvant à Marsla, Katla, Bastos,… Ils sont pour ainsi dire la base arrière  de l’armée Française, selon le Dr Aigoune.

   DEROULEMENT DE LA BATAILLE: suite à une dénonciation deux régiments composés de deux cents soldats se mettent en mouvement dirigés par un capitaine et deux sous-lieutenants. Le point de départ du premier régiment est la caserne de Taguemount au nord pour rejoindre le village de Tanagouth adjacent à une montagne d’une hauteur de 1500m.

Le deuxième venant du sud (de la garnison de Marsla) s’achemine vers le village Izemouren n’ayant distingué aucune trace des maquisards il descend vers le sud pour les intercepter sur la côte nord. Motivé par cette intention il s’empare des hauteurs dépassant les 1000 mètres telles Hiber et Maala. Procédant de la sorte pense t-il empêcher les moudjahidine de circuler librement, d’y accéder ou d’en sortir. Quant au 2éme régiment, sa destination est le village Ath houari via quelques douars pour l’encercler de l’ouest et du sud. Avant l’aurore l’encerclement des moudjahidin par l’ennemi n’est que certain. Sur cette position à son avantage l’armée française espère des renforts. Après un laps de temps arrive un 3éme régiment venu renforcer le 1er et empêcher Mohand Ouamar et ses combattants de passer à travers les mailles. Quant au quatrième sa destinée est Tanakout pour jouer un rôle important du côté nord, en resserrant l’étau déjà mis en place.

 

    Des chars de combat entrent en scène cernant le village du côté nord à Tanagout et du sud à Thighilt Nseksou. Pris ainsi entre le marteau et l’enclume, endormis ou entrain de prier les révolutionnaires ne se doutent point de l’imminent péril qui se noue à leur insu. Dans un tel contexte n’est-il que légitime de soulever quelques interrogations : Que sont devenus les trois sentinelles postées dans trois endroits différents autour du village ? Elles se sont volatilisées durant toute l’avancée de l’ennemi! Deux moudjahidines Aïgoune md Ouali et Sid Ali Ahmed quittent le camp en direction de la source du village vêtus par précaution de burnous. Ils ne soupçonnent aucun danger et c’est au fur   et à mesure que le champ de vision s’éclaircit qu’ils  remarquent un vol inaccoutumé d’oiseaux effrayés et que la présence de soldats français leur paraît évidente. Les deux camarades feignent ne rien voir pour abuser l’ennemi. L’un d’eux poursuit son chemin alors que l’autre emprunte une piste détournée. Ils sont épuisés à  l’extrême n’étant  rentrés que depuis huit (8) heures après avoir parcouru une trentaine de kilomètres en plus d’une bataille vieille seulement de deux jours. L’armée française quant à elle, a pris précautions avec un effectif fais et bien armé.

Mis au courant de la nouvelle situation Salhi Mohand Ouamer improvise une harangue destinée à rehausser le moral de ses troupes mettant en relief la dimension sacrée du jihad pour Dieu et la patrie.

   C’est les dernières paroles de notre héros adressées à ses compagnons. Suite à cela il dévoile son plan qui consiste à ébrécher cet encerclement en limitant les pertes. Ceux qui sont armés ont à résister à l’offensive tandis que  les autres se retirent pour rejoindre avec précaution la rivière, seule issue fiable. C’est la stratégie choisie par si Mohand  Ouamar dans un tel contexte pour qu’il soit à l’avantage des moudjahidines. Se barricadant qui derrière une fenêtre ou une petite ouverture ou qui se mettent à couvert derrière un arbre, les enfants des révolutions organisent pour la riposte. A sept heures les Moussablines commencent à  se faufiler pour atteindre la rivière du côté sud. L’ennemi tente avec prudence de les intercepter jusqu’à n’être séparé des moudjahidines que de quelques mètres. Si Mohand Ouamar ordonne à ses hommes de tirer donnant l’exemple en usant de son fusil mitrailler. L’inattendue réaction des révolutionnaires dévoile la vulnérabilité de l’armée française qui voit ses soldats tomber l’un après l’autre.

Les survivants qui tentent de secourir leur camarade tombent à leur tour donnant l’opportunité aux moudjahidines de faire un considérable butin en armes. De l’autre  côté le moudjahid Yahya Drissi lance de sa maison quelques grenades accentuant le désarroi et la confusion des français. Remarquant cette panique l’officier lance à ses subalternes : «Avancez! Ce sont des soldats comme vous»

 

   Cet état des faits renforce davantage la confiance en soi des maquisards dont les positions impuissante à dominer l’accès à la rivière qui reste l’unique issue de salut pour les maquisards. Désemparé l’ennemi se replie dans l’attente d’éventuels renforts. Ce premier round se clôt donc à l’avantage de si Mohand Ouamar et ses compagnons. Devant cette situation dans laquelle l’inefficacité des troupes françaises est manifeste officier sollicite l’aide de l’aviation.

     Arrive en premier lieu un avion d’exploration afin localiser les positions des combattants algériens puis suite une escadrille qui, sauvagement, arrose la zone avec tonnes de napalm et autres horreurs. Cette situation incite Mohand Ouamar à adopter une tactique inédite : se placer aux endroits déjà bombardés puisque un avion ne prend jamais pour cible une position deux fois. Les maquisards résistent alors que les renforts n’arrêtent pas de déferler vers les lieux de combat, venant en grand nombre de Bouira, Tikijda et ailleurs. Des camions et chars y sont acheminés et de sorte l’armée française fait de tout bois pour sortir vainqueur de cette bataille.

Impuissants à réaliser un quelconque exploit devant la combattivité des moudjahidines, les français recouvrent au bombardement intensif des maisons par les chars et les avions. Celles-là s’écroulent gravement touchés et plus particulièrement celles des trois familles : Aouali, Hadjouj, et Drissi alors que le feu de son côté dévore les arbres.

 

    L’affrontement entre les deux belligérants se poursuit jusqu’à six heures du soir pour trouver une certaine accalmie mais alors que le succès total ne soit la part d’aucun des deux protagonistes. L’armée française se retire avant l’obscurité et c’est l’occasion ou jamais pour les moussablines de porter secours aux blessés parmi lesquels Saïd Lafiat, Bechlaoui Slimane et d’autres qui sont évacués vers le centre de commandement à Semmache afin d’y recevoir les premiers soins. Le moudjahid Salhi Md Ouamar s’est opposé farouchement et avec un rare courage à l’occupant devenant ainsi un modèle de sacrifice et d’abnégation. Grâce à lui l’offensive ennemie échoue donnant ainsi à ses compagnons l’occasion d’une honorable retraite à travers le cours d’eau. Ayant perfectionné sa tactique durant le combat, il sauve soixante trois (63) moudjahidines au détriment de sa propre vie et de celles de onze soldats de son régiment. Quant aux pertes françaises elles sont considérables à telle enseigne que pas moins de hélicoptères transportent les morts et les blessées à Bouira et Alger. La France venue venger les siens se retrouve touchée davantage avec un taux de soldats tués amplifié et sans récupérer son capitaine resté entre les mains des moudjahidines depuis la bataille d’Imesdurar pire! Un autre capitaine perd la vie en ce lieu comme cela est rapporté par le moudjahid Bechlaoui Slimane : «Nous avons entendu un soldat français signaler à son supérieur que le capitaine a succombé à ses blessures en cours de route» En plus les bombes n’ayant pas explosé au moment de leur lancement au lieu dit si Salah ont fait ultérieurement des dégâts humains occasionnant la mort d’un officier, d’un économe et d’un infirmier ainsi que la démolition de leur jeep. La réaction de l’occupant à sa déconfiture comme il fallait s’y attendre est des plus sanguinaires sa vengeance s’exerce contre des civils avec son cérémonial d’interrogatoires et de tortures. Le lendemain une famille, pour avoir accueilli les moudjahidines perd ses meilleurs membres :

  L’imam du village si Saïd Aouali (63) ans et son fils Abdellah, Mohammed Aouali, lemnouar Aouali. Seize moudjahidines sont tombés au champ d’honneur parmi lesquels quatre de la famille Aouali. Si Mohand Ouamer est l’un deux et avec lui une kyrielle d’héros : Mohammed Cherfi (M’chedallah), Merkala Ahmed, Ahmed Md Seghir, Ali Saït, kerou Saïd, Belghanem Ahmed et autres. De cette manière magistrale si Mohand Ouamer rejoint son frère Salhi Belkacem et la longue caravane de martyrs qui abreuvent cette terre de leur sang afin que la dignité, la liberté et la stabilité soient le lot des générations futures.

     Cette terre qui demeure le creuset de tant d’héroïsme et de tant de sacrifices. Gloire à ces âmes pures dont l’oblativité est grandiose, qui ont écrit l’histoire de ce pays en lettres d’or        et ce avec leur sang. Gloire à ce million et demi de chahid fidèles au pacte conclu avec Dieu et ayant rendu l’Algérie ç ses enfants légitimes. Qu’Allah soit miséricordieux envers eux et vive l’Algérie

 

 

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